BOGOTA – Un militant des droits de l’Homme qui se consacrait à la défense de paysans dépouillés de leurs terres par les milices paramilitaires d’extrême droite a été assassiné le 24 novembre, a-t-on annoncé de source officielle.
La vice-présidence colombienne, chargée de la protection des droits de l’Homme, a condamné cet acte de violence dans un communiqué faisant état de sa mort en appelant “les autorités militaires, la police et les juges à poursuivre et sanctionner les criminels”.
Oscar Maussa a été tué le 24 novembre dans le département d’Antioquia (nord-ouest) par des inconnus, alors qu’il bénéficiait de mesures de protection.
La représentation en Colombie du Haut commissariat des Nations unies pour les droits de l’Homme a aussi rejeté cet assassinat, en appelant l’Etat colombien à faire “davantage d’efforts pour prévenir cette violence et éviter lorsqu’elle arrive qu’elle reste impunie”.
Le leader paysan militait pour la restitution de terres aux familles chassées par les milices paramilitaires d’extrême droite entre 1996 et 1998, officiellement dissoutes entre 2003 et 2006.
Selon la Commission colombienne de juristes qui l’appuyait, il était menacé de mort par d’anciens membres de ces milices depuis 2007, des menaces qui avaient déclenché l’ouverture d’une enquête judiciaire.
Le 20 septembre, Hernando Perez, un autre défenseur des droits de l’Homme militant dans cette région pour la restitution de terres avait été assassiné, tandis qu’en Hernando Leon Enamorado, également militant dans cette région, a fait l’objet de tirs l’ayant grièvement blessé.
Le gouvernement de Juan Manuel Santos (droite), au pouvoir depuis le 7 août, a annoncé que la restitution des terres serait l’une des pierres angulaires de sa politique et s’est fixé pour objectif de rendre à leurs propriétaires légitimes deux millions d’hectares d’ici à 2014.
Plus de trois millions de personnes ont été chassées de leurs terres par le conflit impliquant en Colombie des guérillas d’extrême gauche, des narcotrafiquants et ces milices d’extrême droite.
Une partie des paramilitaires démobilisés entre 2003 et 2006 (32.000 combattants) serait cependant encore active, cherchant notamment à contrôler les couloirs d’exportation de la cocaïne, tout en étant fermement opposée à la politique de restitution de terres.
“La protecion des victimes réclamant des terres (…) doit avoir la même priorité que leur restitution”, a encore déclaré dans un communiqué Christian Salazar, représentant en Colombie du Haut commissariat de l’ONU pour les droits de l’Homme.
(©AFP / 27 novembre 2010 01h33)