Publié par : Admin | 7 décembre 2009

Du CINEP au prix Simon Bolivar !

 Vous vous souvenez tous, bien sûr, de l’article réalisé par Lara sur les journalistes colombiens suites à notre rencontre au CINEP avec Rocio Castellano. Non ? ! Ce n’est pas bien ! pour vous rattraper cliquer sur le lien ci-dessous ! 

  http://www.lamontagne.fr/dossiers/des_journalistes_locaux_se_battent_pour_une_presse_de_qualite@CARGNjFdJSsHERIMARs-.html#comment 

Pourquoi je vous demande cela ? Bonne question ? 

 Il s’agit ainsi de vous remettre en tête la problématique des journalistes colombiens et l’importance pour eux que la qualité de leur travail soit reconnue. 

  

  L’association Reporters de Colombia dont nous a parlé Rocio et qui trouve son origine en partie dans la qualité de l’accompagnement fait par le CINEP détaille dans la première page de son site Internet un des trois prix obtenu par un de ses membres. 

  Prestigieux ce prix ! Il s’agit du Prix National du Journaliste Simon Bolivar, catégorie chronique de presse. 

 Un des articles ayant reçu ce prix a pour sujet le drame vécu par les habitants dans la région d’Antioquia notamment à cause des mines terrestres. À la forte concentration de ces mines, s’ajoute la violence armée très importante dans certains villages. Avec des témoignages poignants et tragiques, le récit du journaliste met en exergue l’odyssée des habitants touchés par les mines en Colombie. Les lecteurs ont alors découvert toutes les difficultés que ces derniers vivent, surtout lorsque l’un d’eux est touché par une mine : manque d’aide de la part des organismes de santé d’Etat, éloignement des centres de santé, etc. 

  Pour en savoir plus :   

  

  

  

 

 

 

Publié par : Admin | 25 novembre 2009

L’immersion selon Olivier Lagarde !

Vous trouverez ci-dessous un extrait du Bulletin d’information aux donateurs  et sympathisants du Comité de soutien aux populations du Bas Atrato. Ce bulletin est rédigé par Olivier Lagarde, coopérant qui travaille dans le CHOCO auprès de notre partenaire Ascoba et qui nous a accompagné une partie de notre séjour.

 

«  Quelques légères appréhensions, une bonne dose d’excitation, une soif de découvertes et de rencontres humaines : en posant le pied sur le sol colombien le 19 octobre dernier, tous ces sentiments là se mélangeaient, et bien d’autres encore, dans la tête des participants à ce voyage peu ordinaire. Ce sont 17 français, dont 14 bénévoles du CCFD Auvergne-Limousin issus des différents diocèses de ces régions, 2 salariés de l’organisation et une journaliste couvrant le séjour, qui sont venus à la rencontre des partenaires colombiens et ce durant près de 3 semaines. Un groupe varié de personnalités, de caractères, de parcours professionnels et d’âges !

Ce voyage, préparé depuis bien longtemps, avait pour objectif de faire connaître aux bénévoles une autre réalité de la Colombie. Une réalité un peu moins simpliste que celle que l’on a l’habitude de lire ou entendre en France. Sans doute au bout du compte plus encourageante aussi, puisque c’est avec des acteurs de paix et de développement que les bénévoles ont passé leur temps, Et ce sans se lasser d’écouter les récits de victimes mais surtout leurs espoirs, leur courage. Sans se lasser non plus d’écouter les analyses pas toujours gaies des organisations rencontrées mais surtout leur créativité, leurs propositions pour sortir les premières citées du conflit, des injustices ou des violations. En cela, il s’agissait également au CCFD de porter la parole solidaire à travers ses bénévoles et d’échanger sur les expériences.

A Bogota, Medellin, Buga (dans la Vallée du Cauca) ou dans le Chocó, les bénévoles ont pu découvrir la, ou plutôt les réalités colombiennes depuis des perspectives différentes : organisations travaillant à la construction de la paix et à la défense des droits humains, à la formation de paysans, à la promotion de leaders communautaires, une organisation de femmes…

Dans le Bas Atrato, avec notre partenaire ASCOBA, une partie du groupe a respecté le principe d’immersion au pied de la lettre en partageant pendant 3 jours la vie des communautés…et ses plaisirs quotidiens : moustiques, couchages précaires, marches dans la forêt, chaleur, humidité ! Le défi n’était pas là en soi bien sûr, il était surtout de se rendre compte des conditions de vie des habitants, et d’échanger directement avec eux. Il fut intéressant d’avoir le ressenti du groupe vis-à-vis de cette région si particulière et dont on ne parle généralement qu’en termes de conflits. Pourtant, « c’est ici que l’on a trouvé le plus de paix » témoigne Anne, bénévole du CCFD en région Auvergne. La « force tranquille » des habitants, si souvent victimes, aura marqué les esprits. Les bénévoles ont relevé la foi qui anime ceux qu’ils ont rencontrés, des simples paysans qui n’ont pas choisi les armes mais la volonté pour récupérer leurs territoires et y développer de nouveau la vie, selon leurs traditions et leurs coutumes. La violence a pris certains des leurs, en a rejeté beaucoup d’autres vers les villes alentours, mais n’en a découragé aucun. Il y aura eu bien des conclusions après ce séjour intense. Alors, objectif rempli ? « Loin de là ! » vous répondraient-il en cœur, vous faisant presque regretter d’avoir posé la question tant elle leur paraîtrait naïve ! Au contraire, cela ne fait que commencer. En effet, une chose est de voir la réalité sur place et d’échanger, une autre en est de poursuivre l’engagement solidaire en France, au retour. Cela va se faire à travers des réunions publiques, des témoignages, des interventions auprès des collégiens, au sein des diocèses et sous bien d’autres formes. Et notamment par l’accueil de partenaires colombiens en France, comme chaque année à l’occasion du Carême. Que nos amis d’ASCOBA viennent l’esprit tranquille, les bénévoles du CCFD maîtrisent désormais suffisamment le « chocoano » pour les accueillir…et ils ont ramené des dominos…une vrai immersion vous dis-je ! 

1. Le groupe était divisé en 2 dans le Chocó, une partie dans le Bas Atrato et l’autre avec le Foro à Quibdo. Vous pouvez retrouver tous les récits des bénévoles sur le blog en suivant le lien suivant : http:// ccfdcolombie.wordpress.com. La série d’articles de la journaliste, Lara Payet, se trouve quant à elle sur le site web du journal La Montagne (section Issoire) : http://www.lamontagne.fr « 

 Olivier Lagarde

 

 

 

 

Publié par : Admin | 22 novembre 2009

Kaleidoscope par Bernard !

Déjà deux semaines que je suis rentré de Colombie. Plus le temps passe plus ce pays m’apparait comme un kaléidoscope où se mélangent, se superposent des images qui semblent contradictoires parfois.

Les indigènes qui veulent à la fois être reconnus comme des colombiens à part entière et qui, en même temps, désirent garder leur culture et leurs coutumes y compris celles qui empêchent le métissage. Il est vrai que ces peuples luttent depuis plus de 500 ans pour leur survie et que jusqu’à maintenant ils existent toujours.

Paysan affûtant sa machette

Paysan affûtant sa machette

 

 

Les paysans déplacés qui voudraient que soient reconnus leurs droits sur les terres qu’ils cultivent mais qui hésitent lorsqu’on leur propose de devenir propriétaires parce qu’à partir du moment où un titre de propriété leur sera délivré ils pourront être assujettis à l’impôt.

Le gouvernement qui promeut la monoculture et qui aide des paysans déplacés à retrouver les terres dont ils ont été chassés …. pour la monoculture.

Au milieu de tout cela beaucoup de générosité comme celle de cette commune le long de l’Atrato qui, avec ses tous petits moyens, essaie de prévoir un lieu d’accueil provisoire pour les déplacés afin qu’ils ne soient pas confrontés aux problèmes de ceux allant vers les grandes villes et venant grossir la population très pauvres de la périphérie de ces cités.

Kaléidoscope également de populations : les différents peuples indigènes, les afro descendants, les « blancs » et les métis.

L a nature et le climat par leur diversité fonction de l’altitude, de l’hygrométrie et de la nature des sols sont également très variés que ce soient pour le règne animal ou végétal.

Je conclurait en reprenant ce qui nous a été dit sur place : « ici rien n’est manichéen, rien n’est simple »

Publié par : Admin | 20 novembre 2009

Une citoyenne à l’honneur : Delphine Hyvernaud-Pradeaux !

Et oui, il fallait une dernière à ce petit jeu des présentations et ce sera…, Delphine, chargée de mission Auvergne Limousin pour le CCFD -Terre solidaire en charge de la mise en oeuvre de l’immersion.

delph

Anne nous a dressé son portrait  :

 » celle qui se lève avant tous les autres,
celle qui se couche après tous les autres,
celle qui répète, jusqu’à plus de dix fois, la même réponse.. à la même question,
celle qui ne s’agace qu’à peine de ne pas être toujours écoutée,
celle qui garde patiemment son sourire en apaisant les angoisses parfois inutiles,
celle qui ne dit pas qu’elle a mal, alors qu’elle souffre vraiment fort,
celle qui vient consoler, réconforter quand les esprits s’embrument,
celle qui transporte sa maison, au cas où.. on aurait besoin de tout ça..
celle qui ne montre pas de faiblesse, trop occupée à panser les petits bobos,
celle qui passe son temps à s’enquérir des uns et des autres,
celle qui garde son humour en toutes circonstances, même parfois en serrant les dents,
celle qui a pensé à tout, et au reste,
celle qui vit sur trois continents en même temps et ne craint pas de mélanger les fuseaux horaires,
celle à qui on n’a pas suffisamment dit « merci » pour toute son aide, son soutien,
celle qui nous « a portés » pendant les longs mois de la gestation de cette immersion,

… une maman.
notre delphine!

elle a été présente pour chacun d’entre nous, du premier jour jusqu’au dernier, jamais envahissante, mais attentive, prête à bondir tel un lutin dès que le besoin se faisait sentir, elle nous a été précieuse durant cette immersion, avant bien sur, et nous pourrons compter sur elle au retour, évidemment!
si les forces physiques lui manquaient parfois, il lui a suffit, souvent, de puiser dans les forces de son immense coeur pour répondre à nos moindres petits besoins.
la remercierons-nous jamais assez pour tout ce qu’elle nous a donné? à nous d’essayer d’être de bons immergés de retour, digne de sa confiance, et de celle de toute l’équipe régionale. nous, petits bénévoles avons été formidablement entourés, et ce sera juste retour si nous lui donnons un tout petit peu de tout  ce qu’elle aura fait pour nous, en étant de bons « restitueurs », dans nos témoignages, dans nos interventions de « la suite » de l’immersion..
alors, immergés, à bons entendeurs…ok? « 

Publié par : Admin | 19 novembre 2009

« El péndulo de la historia » par Yébrail !

                                                                                                          

 

Lors de notre voyage, nous avons eu le plaisir de retrouver Yébrail le partenaire qui était venu au mois de mars 2009.

Yébrail a souhaité partagé avec nous ce  texte qu’il a écrit à Quibdo en aout 2008 sur le sens de l’histoire.

Version espagnole puis version française traduite par Aude ! (grand merci !)

 

 

 

 

 El péndulo de la historia

 En nuestro caminar con los pueblos negros, indígenas y mestizos del Chocó seguimos mirando la tragedia colombiana y regional desde la perspectiva de que no podemos  desmovilizar los espíritus y la capacidad de lucha que tenemos todos los seres humanos para transformar las situaciones que nos agreden; partimos del reconocimiento de que esto es así, pero para insistir en que debemos seguir luchando por cambiar y por transformar la crisis social y humanitaria. Y tenemos la firme esperanza de que tarde que temprano va a cambiar.

 Sabemos que el mundo experimenta procesos de regresión y que los movimientos o los ciclos de la historia son pendulares; que a veces, el péndulo se desplaza hacia los derechos y la dignidad humana y en ocasiones se desplaza hacia su otro extremo, que es la negación de esos derechos. Y que todo el tiempo se mueve, nunca se queda en un solo lado, siempre en la historia hay ciclos, hay movimientos, hay cambios. Y estamos convencidos de que las luchas de hoy son necesarias para que el péndulo avance más rápido o por lo menos para que no siga avanzando hacia el extremo de la negación de la dignidad humana.

 Cuando nos enfrentamos a los ojos de los niños y niñas negros, indígenas y mestizos del Chocó, a veces sentimos impotencia; a veces, sentimos mucha tristeza, pero obviamente mirarlos a los ojos y saber que ellos con una sonrisa nos traen otra vez al mundo de la lucha por los derechos, pues nos llena de energía nuevamente…

 Quibdó, agosto de 2008

Le balancier de l’histoire

Tout au long de notre chemin auprès des peuples afro-colombiens, indigènes et métisses du Chocó, nous ne cessons d’observer la tragédie nationale et régionale depuis la perspective suivante : nous tous, en tant qu’êtres humains, ne pouvons pas démobiliser nos esprits et notre capacité de lutte, de façon à renverser les situations qui nous assaillent. Si nous reconnaissons que les choses sont ainsi faites, c’est afin d’insister sur notre devoir de lutte perpétuelle pour changer et transformer la crise sociale et humanitaire. Nous avons d’ailleurs le ferme espoir que tôt ou tard la situation changera.

Nous savons que le monde connaît des processus de régression et que les mouvements ou cycles de l’histoire sont pendulaires ; nous savons également que, parfois, le balancier se déplace du côté des droits et de la dignité humaine mais qu’à d’autres moments il se dirige vers l’extrême opposé, vers la négation de ces droits. Il bouge constamment, il ne reste jamais immobile. L’histoire connaît continuellement des cycles, des mouvements, des changements. Nous sommes donc convaincus de la nécessité des luttes actuelles pour faire avancer le balancier plus rapidement ou du moins pour l’empêcher de se tourner vers la négation de la dignité humaine.

Lorsque nous croisons le regard d’enfants afro-colombiens, indigènes et métisses du Chocó, il nous arrive de nous sentir impuissants. Nous ressentons parfois une grande tristesse mais, assurément, les regarder dans les yeux et savoir que leur sourire nous conduit de nouveau à nous battre pour les droits nous redonne de l’énergie…

Quibdó, août 2008

Publié par : Admin | 18 novembre 2009

Sécurité alimentaire, Rome, FAO et CCFD-Terre Solidaire !

Dans un des commentaires sur le texte de Claire,  Anne-marie nous invite à  écouter sur France Culture l’émission réalisée par Dany Journo sur le thème de la souveraineté alimentaire suite au sommet qui vient de se terminer à Rome.

 Vous pouvez le faire en cliquant sur le lien ci-dessous :

 http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/matins

Suite à la sugestion d’Anne-Marie, je ne résiste pas à l’envie de vous faire partager le bilan que dresse le CCFD- Terre solidaire sur le Sommet Mondial pour la sécurité alimentaire :

 » Un milliard d’affamés : Il est urgent de changer la donne !

La communauté internationale a déjà raté de nombreuses occasions de s’engager dans une voie responsable pour faire face à l’enjeu alimentaire mondial : elle ne doit pas manquer l’échéance du Sommet mondial sur la sécurité alimentaire du 16 au 18 novembre prochain, à Rome, et les étapes qui le précèdent, en particulier les négociations sur les contours du « Partenariat mondial pour l’alimentation » pendant la Semaine Mondiale de l’Alimentation, du 12 au 18 octobre 2009.

C’est une véritable remise à plat des politiques prônées jusqu’à présent qui s’impose. Considérées sous l’angle du droit à l’alimentation, les politiques agricoles, commerciales, énergétiques et de coopération devront être profondément remises en cause, repensées, réorientées. C’est le sens des recommandations formulées par le CCFD-Terre solidaire dans le rapport « Responsabilité alimentaire mondiale : l’Union européenne et les Etats-Unis doivent changer la donne », fruit du travail combiné que mènent ensemble les organisations catholiques de développement au sein de la CIDSE, un réseau international de 16 organisations européennes et américaines, et de l’expertise de l’Institut des politiques agricoles et commerciales (IATP).

Ce rapport s’adressent en particulier aux dirigeants de l’Union Européenne et des Etats-Unis, afin qu’ils assument leurs responsabilités. Rappelons hélas qu’en 1974, en 1996, de tels sommets avaient déjà donné lieu à de belles déclarations non suivies d’effets. En 2000, la communauté internationale s’engageait encore une fois, avec le premier Objectif du millénaire pour le développement, à diviser par deux le nombre d’affamés d’ici 2015. Annonces stériles, faute d’une volonté de mise en œuvre sérieuse. Les pauvres, eux, ne se nourrissent pas de mots…

Cela fait bientôt 50 ans que le CCFD-Terre solidaire s’est érigé pour combattre le scandale de la faim dans les pays en développement. Pour accompagner des organisations locales qui, là-bas, œuvrent au jour le jour sur le terrain afin que le droit de chacun à l’alimentation devienne réalité. Pour mobiliser ici l’opinion et les décideurs en faveur de politiques à même de faire face à ce défi… Un demi-siècle ponctué de petites victoires en faveur des petits producteurs et de l’agriculture familiale, ceux là mêmes qui paradoxalement constituent aujourd’hui plus des deux-tiers des personnes sous-alimentées. Les grands oubliés des politiques publiques. 

Mais pour lutter contre le fléau de la faim, les progrès obtenus à l’échelle locale ou nationale ne suffisent pas. C’est à l’échelle mondiale que des politiques cohérentes et volontaristes permettront aujourd’hui d’assurer le droit à l’alimentation de chaque être humain, et demain de répondre aux besoins alimentaires de 9 milliards d’êtres humains.

Si la vague des « émeutes de la faim » est retombée au sein du petit écran, la situation reste dramatique dans les pays en développement, où les prix des denrées alimentaires de base restent très élevés (contrairement à l’évolution des marchés mondiaux).
La barre symbolique du milliard de personnes souffrant de la faim vient d’être dépassée. Une personne sur six dans le monde ! Et le contexte actuel n’offre guère de perspectives réjouissantes : des prix agricoles sur le marché international durablement hauts, une crise économique mondiale qui détruit des millions d’emplois et ampute le pouvoir d’achat des ménages, des activités agricoles déjà perturbées par le changement climatique, etc. Jamais l’urgence d’une réponse coordonnée et volontariste de la communauté internationale n’a été aussi vive.

La FAO répète régulièrement la capacité de la planète à nourrir la population mondiale, aujourd’hui et demain : au-delà des défis agronomiques (produire plus, produire mieux) la faim est avant tout une question politique. Parce que les affamés souffrent d’un manque d’investissement dans l’agriculture de plus en plus marqué ; de politiques publiques de soutien au développement agricole et rural déficientes, voire simplement supprimées après les ajustements structurels ; de règles commerciales instaurant une concurrence « libre et non-faussée » entre pays riches et pauvres, entre agri-managers et petits paysans ; d’une mainmise  de plus en plus forte par les grandes firmes multinationales et les acteurs financiers sur les marchés agricoles non seulement mondiaux, mais aussi locaux ; d’une concentration croissante des ressources naturelles ou monétaires entre les mains de quelques-uns plutôt que pour l’intérêt général…

La France et l’Europe ne peuvent avoir un rôle de spectatrices. Pas plus qu’elles ne peuvent se permettre d’être donneuses de leçons, étant donnée leur part de responsabilité dans ces véritables « recettes assassines ».

Le Sommet mondial de novembre aurait pu lancer une véritable impulsion face au scandale de l’aggravation de la faim. Tous les Etats et les institutions internationales, à la suite du Sommet de juin 2008 à Rome et janvier 2009 à Madrid, semblaient enfin se mettre d’accord pour replacer l’agriculture au cœur du développement et des politique.

Mais la communauté internationale a pris au ralenti le virage de la responsabilité alimentaire : la Déclaration du Sommet adoptée en ouverture le lundi 16 novembre révèle un manque de volonté politique à mettre en œuvre ces orientations.

Il y a urgence ! Comme l’a rappelé le rapporteur spécial des Nations-Unies sur le droit à l’alimentation, « si rien n’est fait de décisif, le nombre d’affamés continuera à croître. Nous pouvons changer cela en faisant les bons choix. Si nous échouons, nous partagerons alors la responsabilité de la continuation de cette situation inacceptable ».

Et pour en savoir plus et parcourir les derniers écrits d’Ambroize Mazal, Chargé de mission souveraienté alimentaire du CCFD-Terre solidaire, sur la question, une seule adresse à découvrir d’urgence :
 
 
Bonne découverte et dans l’attente de vos réactions !
 
 

 

Avec l’autorisation de Claire, vous trouverez ci-dessous, l’histoire d’Anderson, une des personnes qu’elle a rencontré durant le séjour dans le CHOCO.

Ce texte Claire l’a écrit pour le blog de son  mouvement : le MRJC ? mais qu’est-ce que ce mouverment membre du CCFD ? Pour le savoir cliquez-sur le lien ci-dessous !

pour découvrir le MRJC : http://mrjc-limousin.ouvaton.org/spip.php?rubrique36

et bonne découverte d’Anderson !

« Voici l’histoire d’Anderson, jeune adolescent amateur de domino dans la province du Chocó. Enfant, il vit sur les terres de Cetino. Formés en communauté avec d’autres familles afro-colombiennes, chacun cultive son bout de terrain sur une terre dont la propriété est collective. Les paramilitaires menacent et exécutent, et les paysans de toutes les communautés de cette zone du Bas Atrato fuient par l’unique route dans le but d’aller jusqu’à Medellin. Sur le chemin, ils sont cinq milles à être stoppés à Pavarando par ces mêmes milices. Ils y vivent plusieurs années dans des cabanes de fortune faites de bâches et de tôles.

Lorsque la famille d’Anderson a fui, seul son grand-père a refusé de quitter le lieu où il avait toujours vécu. Sous couvert de lui faire des offres intéressantes, des paramilitaires lui rendent visite et l’assassinent, décimant aussi son troupeau. Les multinationales productrices de palme exploitent toutes les terres ainsi laissées libres par les communautés déplacées. Le palmier à huile est cultivé avant tout pour la fabrication d’agrocarburants exportés en Occident. Petit à petit, aujourd’hui, les familles reviennent sur leurs terres et entament des procédures judiciaires notamment en s’organisant au sein d’ASCOBA, association qui regroupe trente-sept communautés afro et indigènes du Bas Atrato. Anderson est revenu sur les terres de Cetino et il habite maintenant avec sa très nombreuse famille le bâtiment qui a autrefois servi d’habitation aux travailleurs de la palme.

Lorsqu’il nous fait visiter les champs de palmiers où le sol est à nouveau, par leurs soins, couvert de riz ou de manioc, et où le haut des palmiers a été coupé par des « faucheurs volontaires », ces arbres ayant en plus contracté une maladie qui va tendre à les détruire, Anderson nous communique sa forte émotion. Et à la question spontanée d’un agriculteur du Cantal : « Mais pourquoi détruire la palme ? Puisque vous avez retrouvé vos terres avec une culture rentable, pourquoi ne pas en profiter ? », Anderson est un peu déstabilisé. Pour lui, il est évident qu’une culture a vocation à être vivrière, à nourrir la famille, que ces palmiers qui rendent la terre non-fertile pendant cent ans sont une absurdité et que plus que tout, ces arbres sont le symbole de leur malheur, de nombreuses morts, celle de son grand-père mais aussi tant d’autres. C’est cependant avec le sourire et la chicha, boisson d’honneur, que nous avons été accueillis (nous, participants du voyage d’immersion du CCFD) à Cetino, que nous avons partagé parties de dominos et sentiment intérieur de paix, de calme, de force tranquille. En effet, aucun désir de vengeance, aucune haine, il n’est pas question de continuer dans la même violence et c’est donc nourris par une culture de résistance que petit à petit, ils luttent pour récupérer officiellement les titres des terres de leurs communautés.

D’autres problèmes se dessinent, certains membres des communautés avaient vendu leurs terres, avant de fuir, à des agriculteurs qui continuent de les exploiter ; mais peut-on vendre une parcelle de terre dont la propriété est collective ? Ces nouveaux soucis n’entament pas la gentillesse de nos hôtes : une rencontre très riche entre ruraux pas très riches … »

Publié par : Admin | 16 novembre 2009

Un citoyen d’honneur : Thierry Fonty !

Et oui l’immersion est passée mais deux de nos immergés ne se sont pas encore présentés aussi leurs collègues de voyage ont décidé de le faire à leur place ! Esperons que cela leur plaira ! Et bien sur,  ceux qui voudront complèter par le biais des commentaires sont les bienvenus !

thierry 2

  » Thierry,

35 ans,  paysan cantalou.

Installé, depuis 14 ans, sur l’exploitation familiale en production laitière, il a  quelques vaches salers, sa grande passion.

Bien implanté tant dans la vie associative que dans la vie politique de son canton, il a connu le CCFD grâce aux partenaires qui chaque année au moment du carême viennent nous rencontrer. Grâce à cela, lui et son équipe de jeunes agriculteurs ont pu voyager du Guatemala, en passant par le Niger, la Thaïlande, le Maroc etc…

Voyages mais surtout échanges de pratiques, de point de vue et de finalité !

Thierry est un homme qui aime rassembler, fédérer des énergies autour de lui  pour les mettre au service d’autres … il est d’ailleurs pompier volontaire …

Un de ses crédos : aider les autres c’est s’aider soi-même !

Partir en Colombie avec le CCFD : décision bien difficile, pas toujours comprise mais il a tenu bon et trois semaines après il revient plein d’énergie et d’envie de faire des choses !

 Oui c’était une excellente décision pour lui, pour la jeune salariée qu’il a ainsi pu mettre en route et bien sur pour nous, ces compagnons immergés qu’il a su écouter, comprendre et aider quand il le fallait : tout ne fut pas parfait mais tant mieux,  c’est la vie !  Au fait, Thierry, tu veux bien nous réexpliquer le taux pratiqué pour les micros crédit ?

 Blague à part merci pour ta présence et nous espèrons que tu pourras partager avec toutes et tous tes impressions de voyage et … du chocolat ! »

Anne, Jérémie et Delphine !

Publié par : Admin | 15 novembre 2009

Des échos de l’immersion sur RCF Email Limousin !

Et oui le voyage à peine achevé, nous voilà happés par les médias qui veulent déjà nos premières impressions, nos sentiments, nos découvertes …  Ainsi, Dominique Combe qui anime l’émission Terre Solidaire sur RCF Email Limousin a choisi de faire témoigner Marie-Claude et Delphine.

Retrouvrez- les sur le site de RCF Email Limousin ou en cliquant sur le lien ci-dessous !

http://www.rcf.fr/article.php3?id_article=363838&id_locale=2

 Bonne écoute !

 

 

Publié par : Admin | 14 novembre 2009

Flash Back : la dernière matinée à l’IMCA par Anne !

 mercredi 4 novembre
on se lève… et on met son tee-shirt « Cantal »!
bé, …pourquoi?
bé, … parce que! la photo!!

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tranquillement, rythme colombien bien intégré par une bonne partie du groupe, nous nous rapprochons de la salle de réunion où alvaro nous attend patiemment.
une charmante animatrice de l’imca nous invite à la suivre dans une visite guidée de « la ferme modèle » de l’imca. après le potager idéal totalement intégré en matière de lutte biologique, la basse-cour s’approche, puis les animaux au volume un peu plus imposant, comme les porcs, boeufs, ou buffles.

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la chaleur matinale nous rattrape et il est temps de s’assoir à nouveau autour de la table. après une relecture de ces formidables jours partagés avec nos amis de l’imca et les paysans qu’ils accompagnent, la parole à anne marie.
avant de partir pour l’immersion, elle a littéralement fait une enquête de terrain dans sa région des combrailles, bravo à elle! le sujet est maitrisé, documenté, complet!
la souveraineté alimentaire, c’est aussi une question d’actualité dans nos régions.
elle nous expose les expériences locales de développement durable, les AMAP, la vente directe des petits producteurs, ceux qui ont eu la possibilité de convertir leur exploitation en agro-bio, et qui s’en sortent..etc.
de témoignages en témoignages, elle nous livre les impressions de son territoire, la vie comme elle se déroule aujourd’hui, avec ses bouleversements, ses modifications profondes, ses solutions d’avenir anti-crise, ses réponses ou méthodes pour changer et proposer un modèle durable, vivable, dans une économie à échelle humaine.
avec quelques photos de chez elle, elle nous livre avec son coeur la passion de ses voisins qui vivent un quotidien différent de la plupart des français,  et de la plupart des colombiens aussi.
nous nous retrouvons souvent dans ce qu’elle nous expose, les similitudes sont troublantes.
un grand merci à anne marie pour son excellent travail, portée par ses convictions, elle a su transmettre des valeurs fortes lors de son intervention.
« 
anne marie !

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